Felleries : le projet d’aménagement du site de l’ancienne brasserie déplaît aux riverains. « On va revoir notre copie », a déclaré le Maire, Pascal Noyon

Anteagroup
09 novembre 2017
Par Delphine Hernu

A Felleries, dans le Cœur de l’Avesnois, les riverains du site de l’ancienne brasserie sont vent debout, ils ont rejeté le projet d’aménagement présenté mardi soir en réunion d’information publique par le cabinet Anteagroup et la municipalité. Près de 80 fleurisiens y ont assisté. En 2015, la démolition de la friche par l’EPF a libéré un terrain de 8000 m2 en cœur de bourg avec une ouverture vers une mare et le cours d’eau de La Belleuse. Il devient alors l’objet de tous les fantasmes : construction d’un groupement scolaire, construction de structures sportive et culturelle, création d’une connexion entre la Place du village et le quartier de la mairie, par des cheminements piétons en pleine nature, loin de la Route Départementale 104.

Un projet résidentiel

Les habitants s’attendaient à un projet d’équipement mais c’est un projet résidentiel qui a été soumis à l’avis de la population mardi soir. Il prévoit la construction de 21 logements diversifiés pour les jeunes couples et les seniors, en locatif classique ou aidé, comprenant 12 logements individuels de types T3 et T4 (de 65 à 85 m2), 3 « Maisons du Parc », des habitations individuelles, innovantes à forte qualité environnementale et intégrées à l’environnement naturel, et un bâtiment collectif, composé de 4 logements aux étages, le rez-de-chaussée (200 m2) étant réservé aux services (cabinet médical, commerce de proximité, …). Si les cheminements piétons en « mode doux » et la création d’un mail répondent à la préoccupation de la connexion avec le centre-bourg, le projet n’intègre ni école, ni salle de sports.

La présentation terminée, les réactions fusent : « le site de l’ancienne brasserie va être privatisé, c’est un lieu résidentiel qui profitera à un promoteur ! » ; « c’est pas un projet du 21ième siècle, il n’y a pas de jardin partagé, il a peu d’ambitions de la COP21 » ; « qui sera le bailleur pour le locatif ? » ; « Est-ce qu’on a de la demande de logements sur Felleries ? » ; « 10 places de stationnement en bordure de la rue de la mairie, ça ne règlera pas le problème de stationnements des voitures et de circulation des piétons et des poussettes sur les trottoirs » ;  « ça va être une cité dortoir, il faut revoir le projet » ; « qu’est-ce qui nous empêche de faire une école ? »

 

« Qu’est-ce qui nous empêche de faire une école ? »

« L’ARS (Agence Régionale de Santé Hauts-de-France) dit que le site avait un usage industriel. Nous devons prouver qu’on ne peut pas faire une école ailleurs, sur un autre site de la commune. Or, nous avons l’école primaire, rue des écoles. Nous n’avons donc aucun argument », répond le Maire, Pascal Noyon.

Franluc Van Der Goten, Adjoint au Maire chargé des travaux, explique l’intention de la Municipalité de transférer l’école maternelle à l’école primaire. Le bâtiment de l’école maternelle, situé entre la salle des fêtes et le camping municipal deviendra le vestiaire pour le club de football et accueillera l’été, les centres aérés. Il deviendra un équipement mutualisé. Reste à solutionner la cantine scolaire, installée aujourd’hui à la salle des fêtes. Le problème de la sécurité des piétons est à nouveau soulevé, celui aussi du stationnement dans la rue de l’école.

L’avenir de l’école est pour la Municipalité, l’un des enjeux du projet d’aménagement du site de l’ancienne brasserie ; attirer ou retenir les jeunes couples pour maintenir, mieux, développer les effectifs dans les classes. Autre enjeu, répondre au déficit de l’offre de petits logements dans la commune, indique Benoît Loviny, urbaniste Anteagroup en charge, avec l'EPF, de l'étude de réflexion.

 

Comment améliorer l’attractivité et la mobilité du village ?

Le projet « questionne les nouvelles façons d’habiter en zone rurale. Aujourd’hui, on ne présente pas un projet de promoteur, on ne privatise pas le site, on l’ouvre au village […] On veut révéler un site, l’ouvrir à la nature », rappelle Benoît Loviny qui invite à un « recalage du projet, des ambitions et des hiérarchies ». L’idée d’un travail participatif avec les habitants, est lancée. « C’est une esquisse, on a le temps de prendre en compte toutes les remarques et de les intégrer ».

Le projet n’est pas ficelé, répètent élus et techniciens. « On n’était pas obligé de faire une réunion d’information publique, déclare le Maire, Pascal Noyon, on a décidé de la faire. Maintenant, on va analyser les questions et les remarques, on va revoir notre copie et on organisera une nouvelle réunion avec les habitants ».

Ecoutez l'interview Long Format de Benoît Loviny, Franluc Van Der Goten et Pascal Noyon (ci-dessous)

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